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A propos du Livre de Moussa Mara

J'ai eu échos de la sortie du tome 2 du livre, du premier livre j'espère de mon confrère (futur?) : Moussa Mara. Livre intitulé "L'État du Mali". L'initiative est à saluer. Doublement même ; de la part de l'homme qu'il est, investi dans l'offre des services intellectuels à haute valeur ajoutée, et de l'homme politique qu'il est devenu. Si le titre du livre en question plutôt l'œuvre de l'auditeur, semble nous renvoyer d'abord à un diagnostic, un état des lieux, et ensuite des propositions sinon des (de ses) solutions (quoi donc de normal pour un homme politique qui a une vision, un cap, un projet politique), il doit être lu pour savoir : quels diagnostics, quel état des lieux, quelles propositions, quelles solutions sont établis par Moussa Mara. Je dis ça, parce que je n'ai pas encore lu le livre, même si je crois savoir été brossé sur ces éléments, moi et tous les gens qui ont suivi avec intérêt l'intervention de Moussa Mara sur "l'État Moderne" lors du précédent Forum de Bamako.

 

Je parierai fort que nous avons été esquissés sur le contenu du livre en question. En tout cas, Moussa Mara a bien développé ce que serait son "Etat Moderne". Un "Etat stratège", je dirais. Oh, nous sommes nombreux à observer que l'État a depuis changé de physionomie. De "l'État gendarme", on est passé à "l'État à providence". Et de "l'Etat providence", le cap est maintenant sur "l'État stratège". Rassurez-vous ! je ne vais pas vous citer toute ma leçon de l'ÉNA en la matière. Mais, permettez-moi tout de même de soulever un certain nombre de questions non moins les points que j'ai souligné à Moussa Mara lors de son intervention au Forum de Bamako. On est bien d'accord, "l'État stratège" impose un certain nombre de changements qui sont à la fois d'ordre politique, d'ordre institutionnel et d'ordre managérial. Et sur ce dernier point, attention à ne pas pousser au "mimétisme institutionnel" qui ne serait autre qu'un "isomorphisme mimétique" du secteur public (avec tout ce que cela s'entend) pour le secteur privé. En usant notamment, je dirais de la force rhétorique des concepts comme "la culture du résultat", "l'efficacité", "la performance" et "l'efficience". Car, au fond, qui ne veut pas une administration qui atteint des "résultats", qui est "performante", "efficace" et efficiente" ?

 

D'évidence personne ! Mais à regarder de près, les dérives de l'application de la LOLF française qui a fait la part belle de ces concepts, on est tout de suite rappeler à une certaine prudence. Ou du moins, à éclaircir davantage sur ce que serait une "administration qui atteint des résultats (les quels d'ailleurs !), qui a la culture de la performance (j'avais déjà souligné avec vous sur ce mur l’ambiguïté de cette notion même dans l'entreprise privée tant elle est une "esthétique organisationnelle entre une perspective « baroque » et une perspective « maniériste » [Y. Pesqueux]", tant elle est "héritière de la systémique « floue » dans la mesure où il s'agit de quelque chose dont la substance est héritée de l'interaction entre les éléments d'un même système [Y. Pesqueux]" et là on oublie même la confusion entre performance et conformisme car "dans une organisation où la conformité de/à l’objectif est le critère de bonne performance, la gestion des risques devient essentielle. Les objectifs s’enrobent de slack." nous apprend Bouquin [2000].) ; et qui est efficiente et efficace (autrement qui atteint ses objectifs. Et là aussi enchaînons avec Bouquin [2000] : qui n'a pas intérêt "à afficher des objectifs qui seront atteints" ? et quid "identifier plus tard, a fortiori en situation d’asymétrie d’information, les contributions de chacun ?" car c'est ce qui semble en jeu). Alors, oui pour un État Moderne "stratège" si vous voulez, qui répond convenablement :

- au citoyen qui réclame de plus en plus beaucoup de retombées socio-économiques des différentes politiques publiques ;

- au contribuable qui se préoccupe davantage à la bonne gestion des deniers publics ;

- à un usager des services publics qui exige quant à lui plus de qualités aux services qui lui sont rendus.

Mais pas autre chose. J'ose espérer que le livre de Moussa Mara projette cet État , en tout cas je ne vais pas tarder à le savoir et vous ?

 

Par Modibo TEMBELY



15/07/2012
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